Archives de Tag: Tango

I hate Tango II

I love you too

I love you too

Rencontré S., superbe danseuse, souple, déliée, fluide à souhait, un vrai régal à regarder (et sûrement à tenir dans ses bras aussi, mais ça, je ne peux pas le savoir). Elle est aussi ceinture noire de Tae-Kwon-Do.

Conversation entre deux tandas : depuis combien de temps danse-t-elle, la demoiselle? Elle a dansé 5, 6 ans puis a arrêté 2 ans, et vient de recommencer. Arrêté 2 ans? Pourquoi, si ce n’est pas indiscret?

Soupir : «Pas de partenaire… Je suis très bonne, mais pas assez bonne pour atteindre l’élite, et je ne ne trouve plus personne pour danser avec moi. L’élite, on n’en parlera pas, les très bons danseurs préfèrent les danseuses un peu moins avancées, moins intimidantes, ou alors les femmes petites et menues, plus faciles à guider et à soulever en portée. Je mesure 5’10 » pour 155 lbs. Déprimant.

Je viens de recommencer, personne ne me connaît, donc on ose m’inviter. Des débutants, des danseurs moyens, mais au moins, je danse maintenant. Et de temps en temps, une oasis, un très bon danseur, aaah, le nirvana.»

Bon. Si on veut danser souvent et longtemps, il vaut donc mieux :

1) rester mince (apparemment, le poids max est de 120 lbs – j’en pèse 126);

2) plafonner son niveau?

Dont acte. Aaaaaargh! hate tango!

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Tango Funk

For a a cocktail of particularly uninteresting reasons, I had quite a funky/bluesy day yesterday. So last night, after trying to decide whether I should be working out/swimming/dancing or eating icecream, I grabbed my dance shoes and went out.

Danced with an Argentine, Oscar, so advanced (or did I think it automatically came with the birthplace and the accent?) that it felt like he was out there in another galaxy. In his arms, I felt like a bizarre clown fish equipped with 2 left feet – yep, that bad.

Decided I would not beat myself up for my inability to connect with him – it does take 2 to tango.

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Trouver le virage

Quelqu’un que j’apprenais à connaître m’a demandé : «À part le tango, pour quoi te passionnes-tu?»

Zut, rien ne me venait en tête que des âneries, des platitudes, des fonds de culottes, des trous dans les poches.

Je crois bien que je ne m’intéresse plus.

Ça ne m’intéresse plus de me regarder, de me comparer, de m’inquiéter…

Je le fais quand même, parce qu’on ne change pas toute une vie d’introspection, mais j’ai pu-le-goût. J’ai envie de bouger, de danser surtout, de mettre ma tête au placard et d’arrêter de m’en faire autant pour tout, d’arrêter de me regarder le nombril. Il est tout sec, d’abord, et même un peu fripé, alors il serait temps de passer à autre chose, non?

Pour quoi je me passionnais, avant, à part Fiston? Blanc total, trou de mémoire, rien, oh, rien, dis.

Et aujourd’hui? Je crois bien que je suis un modèle en refonte totale, look & feel et sens de la vie compris. Je ne sais plus ce qui m’intéressait hier (et ça ne m’intéresse même pas de m’en souvenir), mais j’aimerais bien trouver ce qui va remplir mes demains. La danse, oui, mais encore? La danse dans les bras de X., les papillons qui viennent avec, délicieux mais dangereux, griserie hypnotique et vertigineuse. Je vois le mur venir, et il faut que je trouve une façon de tourner avant qu’il soit trop tard.

Une passion de rechange est demandée au parloir, SVP, ça urge.

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Ronron du jour, ou Le choix, tant qu’on l’a

Maneki-Neko

Commentaire d’un partenaire de tango «Au début, tu avais l’air d’un chat tendu et effrayé, et maintenant, tu apprends à ronronner.»

Je n’aurais pas su si bien dire… étonnant que ça se voie autant de l’extérieur.

J’aurais bien aimé savoir ronronner plus tôt, j’aurais aimé me réveiller plus tôt et comprendre plus vite qu’il fallait que je danse ma vie pour qu’elle soit plus pleine. Je me désole (un peu) de tout ce temps perdu, et quand je vois les photos avant/après du billet précédent (Vivre, et mourir un peu), cet appel est encore plus vibrant.

Est-ce l’approche de la cinquantaine qui rend plus urgent tout ce qu’on avait toujours remis à plus tard, quand on serait grande? Est-ce que c’est, plus simplement, les retombées d’un cadeau involontaire, une lettre de rejet tellement essentiel qu’il devait conduire à un renouveau?

L’essentiel, c’est quand même que je ne me sois pas réveillée trop tard. Je ne sais pas combien de temps il me reste à ronronner, mais je me promets de le faire partout où j’irai, le plus longtemps et le plus fort possible.

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Sans tango

Cent.

Ceci est mon centième billet, et je vais le passer à vous écrire que je n’écrirai plus sur le tango. Enfin, plus ici : j’ouvre un autre blogue qui me permettra de redevenir complètement anonyme. Je vais même y déménager tous les billets qui tanguent, ou en tout cas les plus gênants.

Que vous, d’ici ou d’ailleurs, sachiez tout le bonheur que m’inspire le tango, c’est une chose. Que ceux dont les bras me transportent le découvrent en est une autre : je veux me sentir libre d’exprimer la profondeur de mon trouble sans imaginer comment un de mes partenaires pourrait l’interpréter. Je me sens gênée à l’idée que quelqu’un qui me fait vivre cette émotion-là en perçoive tout le trouble. Oui, le tango provoque chez moi des émotions violentes, qui normalement ne devraient pas dépasser les 3 mn réglementaires. Et si j’avais laissé un doute là-dessus? Et si un de mes partenaires se reconnaissait et en était froissé? Et si il ne voulait plus danser avec moi? Et si quelqu’un d’autre se reconnaissait mal dans une description et en était mal à l’aise?

Je peux bien écrire ici qu’après toute une vie passée en habits de vilain petit canard, je suis devenue un beau vieux cygne, mais… je peux l’assumer en secret, pas nue sur la place publique – et si tout le monde s’apercevait que j’ai de la cellulite? 😉

Tout ça pour dire que je vais aller tanguer ailleurs, et qu’ici, ce sera pour le reste. Comme il n’y a pas tant que ça de blogues francophones sur le tango, il ne vous serait probablement pas trop difficile de me retrouver. Mais là, je pourrai nier jusqu’au bout, parce que ce ne sera plus lié à Facebook (hé oui!, oups!).

À bientôt, ici ou ailleurs!

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Leçon du 8 mars

tango_couple.jpg

«Vous trouvez qu’il y a beaucoup de bons danseurs ici? Pff, il y en a peut-être 1% qui dansent vraiment le tango, qui vivent vraiment la musique. Les autres, c’est des Las Vegas show-off, qui passent leur temps à faire des pas spectaculaires mais sans âme. Ce n’est pas ça, le tango.

Le tango, c’est d’abord une rencontre, deux qui ne font qu’un, allégorie du couple éternel traduite en musique puis en sculpture humaine mouvante.

Oubliez que des gens vous entourent, oubliez le spectacle, et ne regardez que moi. Pendant que vous dansez avec moi, je suis votre macho, il n’existe pas d’autre homme que moi. N’ayez pas peur, entrez dans mon énergie, collez-vous, étreignons-nous comme si nous étions les derniers homme et femme sur terre. Pendant 3 minutes, je suis l’homme de votre vie, le plus beau, le plus fort, le plus grand, et tous les autres hommes m’envient de vous tenir dans mes bras.

Quand vous dansez avec moi, c’est mon devoir de vous faire sentir la femme la plus désirable et la plus belle au monde, de sublimer la grâce de votre démarche et de vos mouvements de hanches.

Vous semblez ne décider de rien, et pourtant, c’est vous qui me donnez ce pouvoir-là. Et si vous acceptez de vous abandonner, c’est toute votre vie qui en sera changée.»

Paul, 60 ans, propriétaire d’un bar tango et professeur de «vieux tango».

Deux danses avec lui, émotion un peu étrange, difficile à comprendre. D’après mes amis présents, qui n’en rataient pas une miette, j’avais l’air d’avoir dansé toute ma vie.

Bonne fête les filles!

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Orgasme vertical


Regardez ces deux-là : oubliez comment ils s’appellent, dans quel film c’était, on s’en fout. Regardez-les juste danser, et dites-moi que vous n’aimeriez pas vivre très exactement ce moment-là dans leurs chaussures.

Le tango argentin, c’est ça, et bien d’autres choses aussi. Au-delà de la technique, des pirouettes savantes et de tout ce qu’on vous en dira, le Tango Addict répète, cahote, marchote, accepte encore et encore la frustration de peiner à dépasser le stade d’albatros boiteux, pour arriver à ça.

Et puis, une brève illumination : tout d’un coup, enfin, votre tête est au placard, vos pieds ont pris le pouvoir, et vos pas s’enchaînent, pour vous mener très exactement là, dans les bras de quelqu’un que vous ne connaissez peut-être pas, quelle que soit sa forme et son âge, et le vôtre – vous l’appelerez comme vous voudrez : Tangasm, Tango Bliss, ou orgasme vertical, exultation inachevée, exquise frustration d’une intensité presque douloureuse.

Quand c’est fini, je plane, titubante, le souffle court mais immensément comblée. Je retourne à mon état d’infirme qui volait, et j’exulte. Ça ressemblerait à ça :

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Classé dans Même pas honte, Tango