Trois minutes à la fois

(dernier article de la série décensurée)
Publié le avril 10, 2008 par Tassili | Modifier

Sally Potter & Pablo Veron, dans The Tango Lesson

«Un pas en avant, un pas en arrière, le couple est un tango. L’important est de finir par se toucher…»

Christophe Chenebault

Je viens de comprendre pourquoi le tango, pourquoi moi.

J’ai aimé et épousé un Homme extraordinaire. Enfin, je le croyais. Et même quand il s’est mué en mari très ordinaire, que nos chemins se sont peu à peu éloignés jusqu’à ne plus jamais se croiser, je l’aimais encore. Plus d’amour amoureux, charnel, vital, mais d’amour fraternel, profond, durable. C’était mon frère, mon meilleur ami, mon complice pour toujours.

Enfin, je le croyais. Après 2 ans de complicité parentale, asexuée et plus sous le même toit, tout a changé. Le nouveau deal, c’était un nouveau couple, un poste à l’autre bout du monde pendant 3 ans, et la garde partagée 1 an sur 2 de notre Chaton de 7 ans.

Un an sur deux avec une belle-mère qui ne supportait pas qu’il ressemble à l’ex de son mari tout neuf?

I don’t think so.

La guerre a commencé. Une guerre âpre, sans merci, qui a laissé la combattante sur le carreau en morceaux sanglants, éparpillés, difficiles à recoller. Une victoire qui n’en était pas une, amère, qui avait forcé la dure réalité à se frayer un chemin: cet homme n’était pas, ne serait plus jamais et bien pire, n’avait jamais été un meilleur ami, un frère, un alter ego, ni même un bon père. Les femmes sont des costumières extraordinaires, qui habillent de mille paillettes les hommes de leur vie et déguisent les crapauds ordinaires en princes étincelants.

Depuis, des histoires plus ou moins charnelles, très frileusement et plus ou moins amoureuses. Le cœur s’est protégé en s’occupant du Chaton à temps plein – mais maintenant, il est grand, le Chaton, et a bien d’autres choses à faire que de s’occuper d’être le grand amour de sa mère.

Et voilà : Tango.

Des histoires d’amour sur mesure pour les endormies du coeur : trois minutes à la fois. Pendant 3 minutes, si l’énergie de votre partenaire entre en phase avec la vôtre, vous vous laissez tomber amoureux(se) fou(folle) , le temps d’une chanson. Quand c’est fini, on recommence, ou on arrête en souriant et en repartant d’un pied léger. Pendant trois minutes, on est en sécurité absolue et tout à fait relative dans les bras d’un homme qui vous dédie toute son attention – s’il ne le fait pas, il ne mérite pas la prochaine danse- vous berce et vous transcende.

Pendant 3 minutes, l’état de grâce, l’amour comme il devrait être toujours, enfin dans les rêves des petites filles montées en graine : parfait, intense et inconditionnel.

Je peux encore habiller un homme de mille paillettes. Trois minutes à la fois.

Quant à un homme nu, fort et vrai, je crois bien que s’il croisait par hasard mon regard, je m’enfuirais encore en courant.

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