Vivre, vieillir, séduire


Vu Caramel, délicieux chick-flick libanais, plein de filles attachantes et aux problèmes presque universels : la belle fille maîtresse d’un homme marié, la fiancée qui s’inquiète de ne pas être vierge pour son mariage, la tom-boy attirée par les femmes, la femme vieillissante qui se la joue encore jeune à grands coups d’artifices, la femme qui vient de passer de l’autre côté de la séduction et qui y renonce pour toujours…

Une femme d’un âge incertain, qui assume ses cheveux blancs, zéro maquillage, vêtements noirs et sans saveur, me confiait récemment «Dès qu’on a les cheveux blancs, on cesse d’être visible au regard des hommes.» Un homme qui la connaît et cherche à éviter de danser avec elle : « On sent tellement qu’elle veut un homme que c’en est gênant et repoussant. »

La même femme, avec un peu plus de coquetterie assumée, cesserait-elle d’être invisible? Est-ce son désir trop poignant qui repousse ou ses cheveux blancs?

Une étape inquiétante pour les femmes, que celle où l’on sait que les jours de séduction nous sont comptés. On le sait ou on l’imagine? C’est dans notre tête, dans notre corps, dans le regard des autres qu’on se voit, se sait ou s’imagine vieille?

Y a-t-il une recette pour assumer ses rides et être toujours belle, vibrante et attirante, garder l’oeil qui brille et fait briller?

Ça tient à quoi, tout ça? J’ai fait le pari insensé de vieillir en grâce et en beauté, d’être plus belle a 50 ans que je l’étais à 20, et d’une certaine façon, je crois bien que je vais y arriver. Un peu de tout, mais surtout rien de trop : trop de maquillage, de bijoux, de cheveux blonds et gonflés, de Botox, de Restylane, de parfum violemment sexy, d’accessoires clinquants… j’ai fait le pari de m’en passer, et je crois bien que je m’y tiendrai.

Il reste que la question demeure : y a -t-il une vie après la ménopause? Et ne me dites pas que la vie, c’est autre chose que la séduction, c’est les amis, les projets, les enfants grandis, etc. Tout ça, je le sais. Comme je sais aussi que les choix que j’ai fait et qui m’ont conduite aujourd’hui à mener ma vie en solo étaient des choix de survie, pas de vie.

Oui, il y a une vie, et une belle vie même, quand on est seul(e), et oui, je referais aujourd’hui les même choix s’ils devaient mener à la même conséquence, et pourtant… vivre par et pour la séduction, certainement pas, mais je ne me sens pas prête à déserter le regard des hommes alors que j’y ai si peu habité.

Et vous?

5 Commentaires

Classé dans C'est la vie

5 réponses à “Vivre, vieillir, séduire

  1. Wow! Je dois voir ce film. Il semble fantastique!

  2. Bizarrement, ça me paraît plus facile qu’avant. Depuis que j’ai renoncé à « fonder une famille » je m’amuse beaucoup. Je crois que la séduction est venue avec la légèreté : ne pas attendre, prendre les bulles de savon, les moments romanesques.

    Mon rapport aux hommes a changé, je les vois davantage comme des compagnons de jeux, je n’attends pas qu’ils me rendent heureuse. Si je veux être heureuse, je me débrouille pour l’être, c’est ma vie.

    Je ne me sens pas prête à déserter le regard des hommes, ça non ! Le monde est plein d’hommes formidables. Les autres, je les fuis.

  3. Wouah, oui, mets en!

    Faut t’abonner à « More » la revue pour les filles de 40 ans et plus. Deux copines, respectivement 43 et 45, viennent de rencontrer l’Amour. Deux gars trippants en plus! D’envergure! De leurs âges!

    Pis c’est pas des pitounes! Des vraies femmes!

    Fait que. Moi, j’ai ben l’intention de cruser solide jusqu’à 88 ans!

    Après, bof. On avisera.

  4. @tangobaby : please do, it is a funny chick flick with real women!
    @samantdi : en effet, je n’avais pas pensé à ça, il y a une certaine décontraction à ne plus être dans le désir de famille… Mmm, bon, ça.
    @Blonde : Oh que je t’imagine bien cruser jusqu’à 88 ans, toi! :-))

  5. Julie

    Salut Tassili.
    Je ne suis pas dans la même tranche d’âge (29 this year), mais j’observe, et réfléchis à mon futur de femme mûre.
    Ce que je constate, c’est que souvent les femmes ne se laissent exister que dans le regard des hommes. Or précisément, je crois qu’on est désirable lorsque détachée, épanouie par soi-même (un peu comme le dit samandti). Certaines femmes parce que frustrées de ne pas voir dans les yeux de leurs conjoints ce qu’elles attendent (quoi au juste?) se parent d’un voile terne qui fait fuir beaucoup de choses plus ou moins nécessaires à la séduction: le sourire (primordial), la légèreté, le culot… etc. Comme si, lorsque la braise a de la peine à prendre, elles s’évertuaient à y jeter des seaux d’eau.
    J’ai mis hier un texte sur la jeunesse sur mon blog. Et qui dit, comme je le crois fermement que tant que l’on a pas perdu l’élan et la flamme, les gens ne cessent pas de nous regarder.
    Biz.

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