Orgasme vertical


Regardez ces deux-là : oubliez comment ils s’appellent, dans quel film c’était, on s’en fout. Regardez-les juste danser, et dites-moi que vous n’aimeriez pas vivre très exactement ce moment-là dans leurs chaussures.

Le tango argentin, c’est ça, et bien d’autres choses aussi. Au-delà de la technique, des pirouettes savantes et de tout ce qu’on vous en dira, le Tango Addict répète, cahote, marchote, accepte encore et encore la frustration de peiner à dépasser le stade d’albatros boiteux, pour arriver à ça.

Et puis, une brève illumination : tout d’un coup, enfin, votre tête est au placard, vos pieds ont pris le pouvoir, et vos pas s’enchaînent, pour vous mener très exactement là, dans les bras de quelqu’un que vous ne connaissez peut-être pas, quelle que soit sa forme et son âge, et le vôtre – vous l’appelerez comme vous voudrez : Tangasm, Tango Bliss, ou orgasme vertical, exultation inachevée, exquise frustration d’une intensité presque douloureuse.

Quand c’est fini, je plane, titubante, le souffle court mais immensément comblée. Je retourne à mon état d’infirme qui volait, et j’exulte. Ça ressemblerait à ça :

5 Commentaires

Classé dans Même pas honte, Tango

5 réponses à “Orgasme vertical

  1. Il y a plus de poésie entre les lignes de ce billet-là que dans tout un recueil. Et des images, des images… Si j’avais le don d’un tel abandon, je danserais, danserais, jusqu’à la toute fin.

  2. @Intellex: merci🙂 Abandon, c’est très exactement de ça qu’il s’agit… Je vous en reparlerai. Et oui, je danserai jusqu’à la fin, promis! :-0))

  3. C’est tellement beau, ça en fait presque mal😀

  4. The one of the little girl is cute…and the kitty cat in grass…wonderful…

  5. Ex-tanguera

    Ouf!

    Désolée, je suis en retard, je viens de découvrir votre blogue et je laisse un commentaire sur une entrée de… mars! C’est que je lis d’un trait vos chroniques tango.

    Il fut un temps, dans une autre vie, un passé plus ou moins récent, où je dansais 4 ou 5 fois la semaine… Et depuis, quoi, disons 6 ans (aïe, déjà!), je m’ennuie parfois beaucoup de mes nuits d’amour à la verticale. Différentes raisons, la plupart très concrètes mais certaines plus obscures, font que je ne danse plus.

    Alors en résumé, voilà que je tombe sur votre blogue, et que je lis: « Quand c’est fini, je plane, titubante, le souffle court mais immensément comblée. Je retourne à mon état d’infirme qui volait, et j’exulte. »

    Ben là, c’est moi qui exulte, car oui, c’est exac-te-ment ça. Dont je m’ennuie.

    Je ne sais pas où vous en êtes aujourd’hui avec le tango mais en fait, avec quelques mois de retard, un gros merci pour ce billet qui m’a fait revivre l’ivresse avec tant de justesse🙂

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