Agonie d’une tague

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Il semble bien que je sois la dernière sur la planète à ne pas avoir publiquement avoué au moins 5 tares, et paf ! Nanalili me l’a refilée, la carne, alors je me lance, mais vous ne m’en voudrez pas si je ne la relance pas?

– Je pète au lit avec force bruit et délectation. Oui, je suis célibataire. Quand je ne le suis pas, je fais celle qui mouâaa ?-non-jamais-jamais. Je souffre en silence et dignité.

– À 6 ans, j’ai ouvert très proprement, en croix, le ventre d’une poupée qui parlait. Catastrophée, toute la famille pensait que c’était l’indice d’une cruauté certaine et que j’en ferais autant avec mes futurs bébés. Tout ce que je voulais, c’était savoir comment ils s’y étaient pris pour produire une telle voix de cacanne. Je n’ai jamais ouvert le ventre de Fiston, même proprement.

– Le jour des mes 7 ans, le cardinal d’Alger est venue au pensionnat d’El-Biar, à Alger. Très contente, la petite fille. Grosse fête, petits fours, j’ai mis des années à admettre que c’était la Ste-Quèqu’chose qu’on fêtait, et pas moi. Un indice que j’étais dans le champ : on m’a interdit de me jeter sur les petits fours. Avantage certain : ne pas regarder les choses en face m’a servi à avoir une enfance relativement heureuse. C’est bon, d’être blond.

– Toujours dans le même pensionnat, on faisait une balade une fois par semaine dans les rues d’Alger, avec la stricte consigne «de ne pas regarder les yeux des hommes». Évidemment, rien de mieux pour pousser une petite blonde à savoir ce qu’il pouvait bien y avoir dedans- et à passer un bon bout de temps à chercher.

-À 20 ans, j’ai montré la douche à un philosophe marxiste-léniniste aux yeux de biche. Il puait des pieds à faire fuir un régiment zouave. Sous-vêtements qui tenaient debout tout seuls, chaussettes innommables : la douche n’aurait pas suffi, j’ai dormi à l’autre bout du lit. Aujourd’hui, c’est un sociologue très connu, et je ne peux pas m’empêcher de me marrer quand je vois sa bouille à la télé. Mais juré, même sous la torture, je ne dirai pas qui c’est.

En prime : Pour une fille relativement intelligente, je suis parfois d’une insondable idiotie. D’ailleurs, je me teins en rousse, (scoop: oui, je suis une vraie blonde).

Poum-poum-pidou.

14 Commentaires

Classé dans C'est la vie

14 réponses à “Agonie d’une tague

  1. > Mais juré, même sous la torture, je ne dirai pas qui c’est.

    Attends un peu qu’on appelle Jack Bauer !

  2. Wow, là, tout de suite les gros chars! Si Jack Bauer s’en mêle, je vais pas la jouer héroïne resistante, certain!

  3. Non, non, c’est Alain!

    Quoique torturer Tassili, on en apprendrait des vertes et des pas mûres, j’en suis sûre!

  4. Blonde: non, non, c’est pas Alain! À part ça, pas besoin de me torturer, avec ma grande gueule, juste un bon verre de rouge fait l’affaire!😉

  5. Mammouth "c'est à boire, à boire, à boire..."

    Et avec deux verres, on a droit aux détails?😉

  6. Mammouth: «Devil is in details», qu’ils disent…, et très certainement dans le verre en trop! ;-))

  7. Alger. Il y a une cinéaste, son nom m’échappe (grrrr) qui revient justement de son pays d’enfance et qui vient de réaliser un documentaire (c’est quoi le nom…) sur la condition des femmes, là-bas.

    Je l’ai vu. Très bon. Ça m’a fait penser à votre consigne concernant l’interdit du regard. C’est encore comme ça…

    Mais qu’est-ce qu’ils ont à tant vouloir mater les femmes?

  8. Pas une vraie rousse?
    Je suis effondrée.
    A coté de cela, ouvrir le ventre des philosophes pour voir d’où vient l’odeur, c’est de la roupie de sansonnet…

  9. Cette histoire de pensionnat à Alger me rappelle vilainement ce que racontait Marguerite Duras sur son enfance en Indochine. Dans les années 30.

  10. @Denis: ils matent parce qu’on leur a appris que désirer la femme, c’était mal. Et comme ils ne peuvent mais…
    @Anita: hé non, pas une vraie rousse, j’avoue tout là: https://tassili.wordpress.com/2006/11/22/quest-ce-quune-vraie-rousse/
    Mais comme personne, y compris ma mère, ne se souvient que j’étais blonde… l’imposture est parfaite! ;-))
    @Krazy Kitty: Non, Duras aussi??? Bon, les bonnes soeurs devaient avoir les mêmes méthodes partout, j’imagine!🙂 (ce n’était pas du plagiat, juré, craché!)

  11. A vrai dire je ne sais pas si Duras a jamais relaté une interdiction précise de regarder dans les yeux des hommes mais des histoires à l’atmosphère similaire, certainement. J’imagine que c’est pratique courante chez les soeurs (et probablement était pratique courante tout court à l’époque).

  12. @Kitty: moi, c’était une trentaine d’années plus tard, dans les années 60, après l’indépendance… je veux bien assumer mon âge, mais pas m’en rajouter, hein! ;-))

  13. Mon « à l’époque » signifiait bien évidemment « à l’époque de Duras », et c’est bien ce manque d’évolution des mentalités que je voulais signaler en précisant « années trente ».

  14. Mal de désirer les femmes…ben oui… c’est vrai.
    Au lieu d’interdire aux femmes de regarder les hommes, me semble qu’il faudrait apprendre à des derniers que les femmes ne sont pas que des biens de convoitises, qu’on soumet et qu’on contrôle.

    Ils disent n’importe quoi… Petit patriarcat de merde.
    Fais chier…

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