Le colosse aux pieds d’argile

colosse.jpg

C’est fort, un garçon. C’est grand aussi, souvent, et plein de muscles tout neufs.

Le monde lui appartient, il peut aller où il veut, quand il veut, il n’a peur de rien et il est éternel. La mort, la faiblesse, la maladie? Pas dans son vocabulaire ni même son imaginaire : il est invincible, et il le sait.

Et puis un soir, le grand garçon tout fort appelle sa mère. Il a besoin de 50 $, et ça presse. Un homme les lui demande, dans une station de métro près de chez vous. Là, vous comprenez que ça va mal, et vous y allez, vite. Vous appelez la police en vous demandant si vous n’êtes pas paranoïaque. Une fois sur place, vous ne le trouvez pas, votre grand garçon.

Personne ne le trouve.

Il n’est nulle part, parce que l’homme, armé, gelé comme une balle, l’a emmené ailleurs.

Ça finit bien: il réussit à s’échapper, et il est sain et sauf. À part son iPod, son cellulaire et un peu d’argent, il n’a rien perdu.

Si, peut-être: il sait maintenant qu’il a des pieds d’argile. Il ne sera plus jamais invincible, et l’idée de la mort vient de faire son entrée dans son imaginaire. Il est devenu mortel.

C’est jeune, 16 ans, pour devenir mortel. Bienvenue dans la réalité, mon fils.

10 Commentaires

Classé dans C'est la vie, Famille, je vous aime, Uncategorized

10 réponses à “Le colosse aux pieds d’argile

  1. Je n’ose même pas imaginer la moitié de la panique que tu as dû vivre.

  2. Michel D.

    **Hors sujet**

    Chère Rousse,
    vous avez mon adresse courriel. J’attend avec impatience que vous me titilliez la boîte de courriel.

    **De retour à notre programmation régulière**

  3. Anne

    Ouf! Quelle histoire! Je ne sais pas ce que c’est que d’être parent, je ne peux que deviner. Deviner les inquiétudes, mais aussi les joies comme celle de retrouver votre fils avec tous ces morceaux après une telle expérience.
    J’ai cherché une rousse hier au lancement de MI, j’aurais bien aimé vous serrer la pince à vous aussi, mais je n’ai pas eu de chance mettons. Je me sens toujours comme un chien dans un jeu de quilles dans ce genre d’événement.

  4. Ouf, sale expérience… je m’imagine l’angoisse que tu as dû vivre. C’est qu’on y tient à nos enfants, j’en frissonne pour toi!
    La chance, c’est que tu l’as retrouvé lui, en un seul morceau…
    Contente de t’avoir rencontrée hier, hasta luego…

  5. Des fois, il leur faut une si terrible leçon pour comprendre qu’ils ne le sont pas, invincibles et pour arrêter de jouer avec le feu. J’en ai une seize ans aussi, alors je comprends et pas qu’un peu. Maintenant qu’il est en sécurité, on peut se dire qu’un tel événement est probablement arrivé juste au bon moment pour le remettre sur le droit chemin. Parce que ces maudits ados, ils n’écoutent pas une miette de ce qu’on leur dit, ils croient tout savoir et ce n’est que la vie qui les ébranle qui peut leur servir de leçon.

  6. Ce qui est triste, c’est que c’est une réalité, mais pas partout. C’est une réalité des métropoles. Non qu’il ne se passe rien ailleurs, mais cela n’a pas le même visage. Des bises, à toi, une bourrade à lui.

  7. pierlhx

    Quelle angoisse. Ça me rappel ma le téléphone que ma copine a reçu de son fils de 20 ans d’Écosse. Il venait de se faire agresser par un hooligan » . Grande ma copine. Une femme comme pas une. Une mère comme on les aime. Pas de panique. écoute intense, des questions simples…comment tu vas…ok… Ou sont tes copains… et voilà ma dame qui nous racconte tout ça sans en remettre. Grande je dit. C’était lors du réveillon de Noel. Son calme a je sais aidé son fils a cotinuer son voyage.

    Ton fils n’a pas des pieds d’argiles. Il sais encore qu’il peu se sortir de situation difficile et qu’il n’est pas seul.

    Pas facile ces histoire de vie.

  8. Nana, Anne, En Direct, Femme libre, Anita, si j’ai eu peur, si j’ai paniqué? Oh que oui. Environ 1 heure. Après ça, on se calme pour que la vie continue.
    Ce que je voulais surtout exprimer, c’est que la plupart des leçons qui durent, dans la vie, nous viennent avec des coups de pied au cul. Pourquoi? On sait pas, mais ça semble être une loi de la nature…
    pierlhx, c’est peut-être pas plus mal d’avoir conscience qu’on a (tous) des pieds d’argile, ça nous permet peut-être de faire attention où on les met?🙂

  9. Denis Thibault

    Il a appris. Il a eu assez de présence d’esprit pour vous appeler, devant l’autre qui le menaçait, si j’ai bien compris le fil. C’est bon.
    Les miens ont dans ces âges-là. Je leur dit qu’ils peuvent m’appeler à toute heure du jour et de la nuit. Mais le mieux c’est d’avoir des portes de sorties. Non pas leur défendre ceci ou cela, si, bien entendu, mais après, ce sont les réflexes qu’il faut pratiquer. Je leur demande de me dire ce qu’ils feraient dans telle circonstance, dans tel pétrin. «Voyons papa, tu sais bien que…» — Oui, oui, fiston, je sais que tu ne feras jamais ça, mais mettons, disons!

  10. J’ai bien aimé cette histoire, qui n’est malheureusement pas une fiction…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s