… t’aurais pas ça dans ta hotte?

Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, et évidemment, ce n’était pas un Québécois. Émile, Israélien, grand, beau, bizarre, m’a accostée hier dans une épicerie chic et après les présentations d’usage, m’a invitée à danser. Un sourire de loup qui n’a pas encore mangé le Chaperon Rouge, la voix basse et rauque, des yeux tout doux, des mains dansantes… bref, j’ai dit oui.
Et puis il m’a appelée et… rien. Pour qu’un gars m’allume, il doit commencer par mes neurones, et là… rien.
C’est non, merci. Ce petit travers ne date pas d’hier: dans une autre vie, j’habitais à Paris, et ma meilleure amie à Montréal. Elle m’envoyait souvent des tas de copains québécois à qui je faisais visiter Paris.
Un jour… Louis.
Ahh… Louis. Une tête (et le corps qui va avec) de bûcheron ténébreux (très fort dans l’imaginaire de la Française moyenne, surtout en chemise carreautée), le beau Louis, donc, s’amène chez moi, et me regarde avec des yeux pleins d’étoiles, sans rien dire.
Trop de monde, pas assez de temps… dommage.
L’année suivante, il revient, 2 jours encore, me regarde toujours avec les mêmes yeux de braise, mais cette fois-ci, urgence familiale… bref, peux pas. Oh, les regrets, de l’accompagner à 8 heures du matin à l’aéroport… yeux pleins d’eau, toujours pas un mot.
Évidemment, le 1er jour de mes vacances à Montréal, la 1re personne que j’ai appelée en arrivant , c’est le beau Louis. Qui vient me chercher en courant, rire et brasier allumés, et me serre dans ses bras, m’emmène promener, danser au Café Campus, me fait vibrer, trotter et virevolter- toujours en silence-, je m’imagine enfin dans son lit, Louiiiiis!
Et c’est là qu’il ouvre la bouche, en hurlant pour couvrir le vacarme ambiant :
«TU VEUX-TU UN BAISER?»
Non? Je n’en crois pas mes oreilles, je lui fais répéter poliment, — il va pas oser répéter? Si. Trois fois. Mince, mince, mince. J’ai dit «Non, ça va, merci», de l’air le plus gentil que j’ai pu trouver.
Navrée, j’étais. Pouff, la libido. Retombée comme un soufflé de la veille.
Je ne l’ai jamais revu, et j’ai peut-être manqué quelque chose? Possible, mais mes neurones ne m’ont pas laissée faire. Et de toute façon, 3 jours plus tard, je croisais le futur père de Fiston, alors…
Comme celui-là n’est plus là depuis un bout, Petit Papa Noël, si tu m’entends, s’il te plaît, tu voudrais pas faire atterrir dans mes petits souliers un beau chouette qui parle ?
Tiens, je te donne le modèle: est-ce que tes lutins pourraient me patenter un mélange spécial, genre Noiret, Yul Brynner, Cyrulnik et Sami Frey?
Tu me trouves difficile? (soupir…) Je sais… Mais je suis sûre que tu as de l’imagination, allez… j’ai été très-très sage cette année, en tout cas, j’ai essayé, non?

11 commentaires
27 novembre 2006 à 2:00
Ho! ho! ho!
Bon. Les demandes.
Noiret, ça peut aller, on vient d’en recevoir un.
Yul? Du genre cruel pharaon ou roi? Mais les deux, on a en stock.
Boris? Un modèle résilient? Ouf, la dernière fois qu’on a demandé cela, les lutins ont planché quatre mois avant de réussir à en fabriquer un. Mais ce qu’on ne ferait pas…
Mais Sami? D’accord, il est joli garçon, ténébreux, et ce jeu, ce jeu… Mais vous le voulez avec ou sans neurones? Parce qu’avec neurones, je ne vous dit pas… Et en prime, le mélange avec les trois précédents… Ouffff!
Vous voudriez pas plutôt un Herménégilde Ouellette? Ça, on a tout plein, en stock, avec l’emballage cadeau inclus.
27 novembre 2006 à 10:44
Cher Père Noel putatif, aka Michel D.,
Yul pour le côté impérativement sexy,
Boris pour l’oeil qui pétille, pas pour la résilience, Noiret pour la voix et la bonhommie
et Sami, ah Sami… AVEC neurones, bien entendu.
Quant au modèle HO, merci, j’ai donné, et, euh… non merci, vraiment. M’étonne pas qu’il vous en reste plein en stock, sans vouloir vous froisser.
27 novembre 2006 à 12:01
Pas moyen de les passer nulle part ces Herménégilde Ouellette. Zut!
27 novembre 2006 à 12:03
Y’a toujours bien des limites au recyclage!
))
27 novembre 2006 à 12:36
Mmmm… Es-tu certaine que le bûcheron t’as dit «UN baiser»? Moi, je crois plutôt qu’il t’a dit: « Veux-tu baiser?» Oui, enlève le «un». Ça sonne encore bien plus québécois
27 novembre 2006 à 12:52
avec l’humour d’Audiard alors?
27 novembre 2006 à 12:55
Rédactrice chauve: il a répété 3 fois, hélas, je suis sûre qu’il a bien dit UN baiser…
Anita: l’humour d’Audiard, oui, tiens, ce serait un beau bonus, mais si j’en rajoute trop, le Père Noel va pas être content…
27 novembre 2006 à 9:24
Si au moins ce cuistre avait choisi de déclamer la tirade du baiser de Cyrano, qui sait si les portes de votre coeur ne se seraient-elles pas ouvertes.
“Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le cœur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !”
27 novembre 2006 à 9:35
Michel : pour être honnête, peut-être aurais-je préféré qu’il ne parlât point…?
Maudit que les femmes sont compliquées, héhé!
Maintenant… s’il s’était tu et m’avait fougueusement embrassée, je n’aurais même pas vu le futur père de Fiston, qui sait?
Tout est bien qui finit bien.
29 novembre 2006 à 11:31
Le père Noël fait dire qu’il a peut-être quelques candidats, mais qu’il ne sait pas comment les acheminer (autrement que par la cheminée, qui est trop salissante). Y-a-t-il un formulaire à remplir? un concours où postuler? Aussi: quelle garantie les candidats ont-ils sur la marchandise? ils demandent à voir un portefolio en bonne et due forme.
29 novembre 2006 à 11:38
On oublie ça les cheminées, y’en a pas chez moi de toute façon, et j’aime ça les gars propres sur eux.
Formulaire, concours, garantie… hé, ho! Depuis quand les cadeaux ont-ils le droit de vote?
Quoique dans ce cas-là, évidemment…
M’a y penser.