16 mai 2008

Tango Funk

For a a cocktail of particularly uninteresting reasons, I had quite a funky/bluesy day yesterday. So last night, after trying to decide whether I should be working out/swimming/dancing or eating icecream, I grabbed my dance shoes and went out.

Danced with an Argentine, Oscar, so advanced (or did I think it automatically came with the birthplace and the accent?) that it felt like he was out there in another galaxy. In his arms, I felt like a bizarre clown fish equipped with 2 left feet - yep, that bad.

Decided I would not beat myself up for my inability to connect with him - it does take 2 to tango.

13 mai 2008

Trouver le virage

Quelqu’un que j’apprenais à connaître m’a demandé : «À part le tango, pour quoi te passionnes-tu?»

Zut, rien ne me venait en tête que des âneries, des platitudes, des fonds de culottes, des trous dans les poches.

Je crois bien que je ne m’intéresse plus.

Ça ne m’intéresse plus de me regarder, de me comparer, de m’inquiéter…

Je le fais quand même, parce qu’on ne change pas toute une vie d’introspection, mais j’ai pu-le-goût. J’ai envie de bouger, de danser surtout, de mettre ma tête au placard et d’arrêter de m’en faire autant pour tout, d’arrêter de me regarder le nombril. Il est tout sec, d’abord, et même un peu fripé, alors il serait temps de passer à autre chose, non?

Pour quoi je me passionnais, avant, à part Fiston? Blanc total, trou de mémoire, rien, oh, rien, dis.

Et aujourd’hui? Je crois bien que je suis un modèle en refonte totale, look & feel et sens de la vie compris. Je ne sais plus ce qui m’intéressait hier (et ça ne m’intéresse même pas de m’en souvenir), mais j’aimerais bien trouver ce qui va remplir mes demains. La danse, oui, mais encore? La danse dans les bras de X., les papillons qui viennent avec, délicieux mais dangereux, griserie hypnotique et vertigineuse. Je vois le mur venir, et il faut que je trouve une façon de tourner avant qu’il soit trop tard.

Une passion de rechange est demandée au parloir, SVP, ça urge.

8 mai 2008

De l’autre côté du miroir

Brève constatation : je suis une monomaniaque. Si je n’écris plus sur le tango, je n’arrive plus à écrire, point. Et quand je lis ce qui suit chez La Nuit Blanche, je sais que je ne pourrai pas faire autrement que d’y revenir, parce que… c’est exactement ça qui est ça. Cette passion-là a joyeusement et intensément envahi toute ma vie, a changé ma démarche, mes vêtements, mon rapport à l’homme, a infusé de la joie de vivre et du bien-être partout-partout. Ma peau est plus douce, mes yeux plus brillants, mes cheveux plus courts, mes jambes plus légères et mes pieds mieux plantés - j’ai traversé le miroir et m’y suis trouvée.

Alors, non, c’est décidé, je n’arrêterai pas de l’écrire, mais en attendant, j’aurais du mal à le décrire mieux que ça :

(…) with my very first step, to the very first note of the very first song, which I no longer remember, I fell in love.

Back then, the only things I knew about that far-away land of Argentina were:

Jorge Luis Borges
Gato Barbieri
Astor Piazzolla
Madonna singing that incredibly annoying song.

Since then…

I have been impregnated by a magic seed, and am awakening to find myself climbing an enormous beanstalk. I’ve fallen down the rabbit hole, and when I forget to chase that elusive ghostly white rabbit, I am staring at my own transformation in wonder, wide-eyed, through the looking-glass. My floppy, clumsy tail has been exchanged for a pair of real legs and strong feet. Those misadventures through frightening forests of mean old trees are behind me, and now the flowers are teaching me the art of their effervescent colors, the secret to their ephermeral scents. Along the way, I have met my share of evil sorcerers, stupid ogres, spiteful goblins, and ugly dwarves… But when I get too frightened or tired, I peek into the occasional gingerbread house, and partake of shiny, sparkly, glittery things that make me very happy, indeed. And ofcourse, I consistently ignore the midnight curfew, comme il faut, or no, and, I have kissed my frog prince…”

(…) This dark, hilarious, difficult, fantastically delicious fairytale gesamtkunstwerk that is the Tango is now so much a part of my life, that I feel as if I have always, always been dancing it. And I am going to dance it until I am 365 years-old.”

1 mai 2008

500 oiseaux

Réveil frissonnant, ce matin, sur 500 oiseaux morts pour s’être posés sur un bassin de résidus d’extraction de pétrole des sables bitumineux, en Alberta.

Raison apparente du sinistre : on n’aurait pas eu le temps d’installer les canons à air prévus pour dissuader les oiseaux de se poser.

C’est moi, ou il y a quelque chose de totalement absurde dans cette rationalisation? Ils sont morts parce qu’il n’y avait pas de canon à air - pas parce qu’on ne devrait pas rejeter des saloperies dans la nature?

22 avril 2008

Lignes blanches

J’en ai d’abord vu une. Puis dix. Puis j’ai arrêté de compter, le coeur me tombait en morceaux.

La session terminée, bonheur enivré de l’été à Montréal, je les ai invités à partager un café sur une des premières terrasses. Sur le haut des bras dénudés d’un des étudiants, des centaines de traits nets, délicatement perlés.

Par bribes, j’avais déjà appris la mère schizophrène, Française mennonite émigrée aux États-Unis pour y rejoindre une plus grosse communauté. Plus tard, j’avais su l’enlèvement à son père; un peu plus tard encore, à un refus crispé, j’avais perçu les bobos d’une éducation bourrée de croyances et des peurs les plus crasses.

Je ne sais comment, il s’est retrouvé au Collège français de New York, à deux pas du World Trade Center, et il est allé à 6 enterrements d’amis perdus dans ses décombres. Comme il est gay, sa mère l’a renié ; il allait brûler en enfer pour l’éternité, lui a-t-elle promis avant de mourir d’un cancer incendiaire.

Je ne peux même pas imaginer le guts hallucinant que ça lui a pris pour arriver à Montréal. Dix-neuf ans, toute une vie à bâtir sur tellement de douleur qu’il a eu besoin de la tailler au rasoir dans sa chair. Il a les dents pourries et le sourire craintif et doux de celui qui a tout vu, une voix éraillée de souris étranglée en anglais, et étrangement, une voix grave et douce quand il parle un français qu’il a pourtant presque oublié.

Je me souviens d’avoir lu quelque part, chez Samantdi je crois bien, quelque chose autour de l’idée que penser qu’on devait de l’amour à nos étudiants, c’était tout confondre (pardon d’avance pour la mauvaise citation). Je suis d’accord.

Mais aujourd’hui, comme tous les jours depuis que j’ai commencé à comprendre, je me suis demandé : devrais-je lui dire quelque chose?

Si quelqu’un m’avait dit, à 19 ans «T’en fais pas, ma douce, ça va aller, va, c’est pas toi, le problème.»

… l’aurais-je entendu? Est-ce que j’aurais moins ramé? Est-ce que ça m’aurait aidé à trouver mes chaussures de danse un peu plus tôt?

16 avril 2008

Ronron jubilatoire

Dans le style ronron jubilatoire, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ça, découvert chez Alex.Tango.Fuego
Je sais, je sais, j’avais dit que je ne vous parlerais plus de tango. Vous m’avez crue? Fallait pas: je ne peux pas m’en empêcher. Mais je ne vous parlerai plus de son côté intime… enfin, pas ici.

14 avril 2008

Ronron du jour, ou Le choix, tant qu’on l’a

Maneki-Neko

Commentaire d’un partenaire de tango «Au début, tu avais l’air d’un chat tendu et effrayé, et maintenant, tu apprends à ronronner.»

Je n’aurais pas su si bien dire… étonnant que ça se voie autant de l’extérieur.

J’aurais bien aimé savoir ronronner plus tôt, j’aurais aimé me réveiller plus tôt et comprendre plus vite qu’il fallait que je danse ma vie pour qu’elle soit plus pleine. Je me désole (un peu) de tout ce temps perdu, et quand je vois les photos avant/après du billet précédent (Vivre, et mourir un peu), cet appel est encore plus vibrant.

Est-ce l’approche de la cinquantaine qui rend plus urgent tout ce qu’on avait toujours remis à plus tard, quand on serait grande? Est-ce que c’est, plus simplement, les retombées d’un cadeau involontaire, une lettre de rejet tellement essentiel qu’il devait conduire à un renouveau?

L’essentiel, c’est quand même que je ne me sois pas réveillée trop tard. Je ne sais pas combien de temps il me reste à ronronner, mais je me promets de le faire partout où j’irai, le plus longtemps et le plus fort possible.

11 avril 2008

Mourir, et vivre un peu

Tombée par hasard sur cette série de portraits avant-après. Un regard serein, lucide et presque tendre sur la fin de vie, une trace de vies. Touchant et vrai.

This sombre series of portraits taken of people before and after they had died is a challenging and poignant study. The work by German photographer Walter Schels and his partner Beate Lakotta, who recorded interviews with the subjects in their final days, reveals much about dying - and living. Life Before Death is at the Wellcome Collection from April 9-May 18.

10 avril 2008

Sans tango

Cent.

Ceci est mon centième billet, et je vais le passer à vous écrire que je n’écrirai plus sur le tango. Enfin, plus ici : j’ouvre un autre blogue qui me permettra de redevenir complètement anonyme. Je vais même y déménager tous les billets qui tanguent, ou en tout cas les plus gênants.

Que vous, d’ici ou d’ailleurs, sachiez tout le bonheur que m’inspire le tango, c’est une chose. Que ceux dont les bras me transportent le découvrent en est une autre : je veux me sentir libre d’exprimer la profondeur de mon trouble sans imaginer comment un de mes partenaires pourrait l’interpréter. Je me sens gênée à l’idée que quelqu’un qui me fait vivre cette émotion-là en perçoive tout le trouble. Oui, le tango provoque chez moi des émotions violentes, qui normalement ne devraient pas dépasser les 3 mn réglementaires. Et si j’avais laissé un doute là-dessus? Et si un de mes partenaires se reconnaissait et en était froissé? Et si il ne voulait plus danser avec moi? Et si quelqu’un d’autre se reconnaissait mal dans une description et en était mal à l’aise?

Je peux bien écrire ici qu’après toute une vie passée en habits de vilain petit canard, je suis devenue un beau vieux cygne, mais… je peux l’assumer en secret, pas nue sur la place publique - et si tout le monde s’apercevait que j’ai de la cellulite? ;-)

Tout ça pour dire que je vais aller tanguer ailleurs, et qu’ici, ce sera pour le reste. Comme il n’y a pas tant que ça de blogues francophones sur le tango, il ne vous serait probablement pas trop difficile de me retrouver. Mais là, je pourrai nier jusqu’au bout, parce que ce ne sera plus lié à Facebook (hé oui!, oups!).

À bientôt, ici ou ailleurs!

8 avril 2008

Par ici, les Germaines!

Ah, les filles!

Je ne résiste pas au plaisir de relayer ces filles tellement drôles (et tellement Québécoises) découvertes chez Josée Blanchette. Surtout dans ce sketche, quelque peu relié, somewhat, à mon billet précédent. Ooonh, on n’oserait pas parler comme ça, nous, hein? ;-))

P.S. : L’illustration n’a rien à voir avec les Germaines. Quand je publie un billet, je cherche souvent des images avec des mots-clés sur le web. Je suis tombée sur ces jeunes illustratrices, qui me semblaient dans la même lignée que les Germaines (30 ans en moins), alors je me suis dit que…