15 mai 2009

Une place dans l’Univers

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J’envie les gens qui connaissent leur place dans l’Univers, qui savent à quoi ils peuvent être utiles, savent très exactement où se trouve leur fun et leur bliss, et partent le coeur joyeux à leur recherche.

Chaton-Fiston a été confus longtemps. 17 ans? Une année rock-star, une année urgentologue. L’année dernière , plus de doute : ce sera médecine. Bon.

À minuit moins cinq, la fameuse phrase : “Maman, je peux te parler? Dis-moi, ça t’embêterait beaucoup que je change d’avis?”

Euh… non, à quel sujet?

“Je vais bientôt arrêter de chanter, là (il était Petit Chanteur du Mont-Royal). Et je m’aperçois que je conçois pas ma vie sans chanter. Je ne pourrais pas.”

Ah? Alors…?

“Alors je crois que je vais m’inscrire en chant lyrique, si tu veux bien.”

Ben oui, je veux bien. Bien sûr, que je veux bien.

Et voilà : il a trouvé sa place dans l’Univers. Il vient de terminer sa 1re année de chanteur lyrique (en clair, ça veut dire opéra), et c’est une découverte : il tripe, en fait plus, encore, trop, s’inscrit dans tous les projets qui bougent. Du coup il s’use un peu, mais il va bien finir par faire des choix.

Et moi qui je ne sais toujours pas ce que je vais faire quand je serai grande…

“Maman, et si tu acceptais une fois pour toutes que ta place dans l’Univers, c’est le mouvement?”

Voilà. Comme ça. Deux coups de cuillère à pot, il me l’a trouvée, ma place dans l’Univers. Le mouvement? J’aime. C’est cool, les Fistons-Chatons.

13 avril 2009

On n’a plus les matantes qu’on avait…

Comme tout le monde, j’aimerais bien me faire croire que je n’ai pas de préjugés – enfin, le moins possible. En réalité, quand je vois arriver une matante (ou un Mario, ou une chromée, bref, mettez-y ce que vous voudrez), je m’ennuie déjà – honte à moi, avant même qu’ils ouvrent la bouche.

Ben voilà. De temps en temps, je me prends une retentissante et bien méritée baffe dans la gueule. Croyez-moi si vous voulez, ça fait du bien.

Regardez ça, et reparlez-m’en. Ça en prend, quand même, pour mettre les culottes de Simon Cowell à terre.

(Désolée, pas le droit d’inclure le vidéo ici, mais cliquez, vous l’aurez…)

13 avril 2009

Sans les bras

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S’arrête de danser, me regarde avec un sourire dans les yeux : “On va faire un test. Mets tes bras en arrière, et suis-moi, sans les bras.”

Tourne, vire, virevolte – je ne suis pas. Surprise.

“Tu vois maintenant?”

Oui, je vois, ça ne va pas.

Sourire : “Tu ne danses pas avec moi aujourd’hui, tu danses toute seule, tu t’éloignes tout le temps. Quoi? Tu n’as plus envie de danser avec moi? Je me suis parfumé à la rillette ou quoi?”

Non… Mais c’est que…

” C’est que tu as du mal à connecter. Qu’est-ce qui se passe dans ta vie?”

Sais pas. Je suis triste, je crois.

“Et quelquefois, on est mieux tout seul quand on est triste, hein?”

On recommence à danser. C’était mieux? “Un peu.”

Je crois que j’ai envie d’être consolée, c’est pour ça que je m’éloigne.

Sourit encore, m’enlace. Milonga. Encore. Encore.
“Aaaah, ça va mieux, ton sourire est revenu!”

Et le reste?

“Mieux.”

Possible que quand on danse souvent avec quelqu’un, on le connaisse très bien par les réactions de son corps sans presque rien raconter?

8 avril 2009

Belles et méchantes

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Elles sont carrément méchantes, pas mal snobs, de vraies teignes, tout à fait insupportables mais aussi impitoyablement drôles : Les Snobettes.

Et bravo pour les détails qui tuent!

2 avril 2009

À l’ère de l’électronique

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Mamie, 80 ans : “J’ai su que tu avais un chum?”

-Non, qui vous a dit ça?

- Ben… I.

-Ah oui, je veux toujours qu’elle croie que j’en ai un, pour tenir sa jalousie en laisse (I. est la nouvelle femme- plus si nouvelle d’ailleurs- de l’ex-Homme extraordinaire).

- Ah, bon. Mais il te faut un chum, tu sais? Pour la compagnie?

- La compagnie? Je n’en manque pas, Mamie, vous savez, j’ai plein d’amis!

- Euh… non, la compagnie, tu sais?

- Oh? Vous voulez dire le sexe? Vous en faites pas, Mamie, tout va bien, on est à l’ère de l’électronique!

(les yeux écarquillés)- Tu veux dire que…?

- Ah, bah, pas tout à fait, Mamie, on n’a pas encore réussi à remplacer toutes les parties sympa des gars!

Fous-rires. On n’aurait probablement jamais eu cette conversation quand j’étais encore officiellement sa belle-fille. Comme quoi, des fois, un divorce, ça a la propriété surprenante de décrisper des relations. De belle-mère, elle est devenue la mère adoptive dont j’avais diablement besoin.

28 mars 2009

La crampe du jour

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Me releve le menton du bout de l’index : “Là. C’est mieux.

?

Me rapproche, me tient serrée:

Le seul moyen pour qu’une tanguera ne regarde pas ses pieds, c’est de la tenir serrée.

- Mmais??? Je ne regarde jamais mes pieds? Je regarde là. (je vise le 2e bouton de sa chemise).

Trois pas, un boleo.

- De quelle couleur est mon collier?

- Or.

Une -oh, si voluptueuse-volcada, un double gancho.

- …. Je n’en porte pas.

- Bon, ça devait être quelqu’un d’autre, d’abord. Mais je ne regarde pas mes pieds.

Fou-rire. Tous les deux, crampés, virevoltés.

Et des colgadas, ahhhh…

26 mars 2009

Ça va où, les chaussettes, hein?

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Je sais pas pour vous, mais j’ai la tête toujours pleine de questions gnochonnes, du genre : dans quel univers parallèle s’en vont donc les chaussettes qu’on ne retrouve jamais?

Eh bien, grâce à lui, et grâce à Chroniques Blondes, qui m’a fait découvrir Monsieur Réponse, je sais enfin : elles ne s’en vont pas, elles fusionnent. Pareil pour le rose des flamants (les oiseaux, hein, pas les Belges! d’abord, les Belges prennent un d) : lui, il sait. Il a réponse à tout, je vous dis!

En tout cas, il a de bonnes réponses à mes p’tits coups de blues temporaires. Pour les gros, si ça fait naître au moins un p’tit sourire en coin, ce sera déjà ça de gagné!

Jugez-en :

Les chaussettes ne disparaissent pas. Le phénomène par lequel on «perd» régulièrement un des deux exemplaires d’une paire de bas est strictement de nature physique : il s’agit de la fusion.

La fusion des bas est un processus par lequel deux chaussettes se lient pour n’en former qu’une seule. Cette transformation nécessite des conditions bien particulières. D’abord, il faut de la chaleur. Beaucoup de chaleur. Ensuite, il faut du mouvement pour permettre la collision. Voilà donc pourquoi la fusion ne peut se faire que dans la sécheuse.

La fusion des bas dégage beaucoup d’énergie électrique. Énergie qui se redépose sur les autres morceaux de linge de la brassée sous forme d’électricité statique.

Ainsi, la prochaine fois que vous perdez un bas, ne blâmez pas votre conjoint(e), votre chien ou une quelconque organisation criminelle. Blâmez les forces de la nature.

Question soumise par Alain S. et Anna.
 Réponse, gracieuseté de Monsieur Réponse.

25 mars 2009

Allez hop, cascade, on sauve la planète!

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Pas de surprise : j’adore Obama. Ben oui. Comme vous, comme lui, elle, là, comme des milliards de gens sur la planète, qui l’ont élu même s’ils ne passaient pas aux urnes.

Regardé hier soir son adresse aux journalistes, et l’aisance oratoire qu’on lui connaît avait laissé place à une diction hésitante, des pauses surprenantes.

Commentaire de Fiston : Le pauvre gars, je parie qu’il ne connaissait pas la moitié du merdier qui l’attendait après son investiture. Il me fait l’effet d’un gars à qui on donne une grenade dégoupillée, en lui disant  ”Maintenant, démerde-toi pour sauver la planète.”

Quand même. Entre l’image du Noir de la publicité pour extincteur (en préparant un cours sur l’image des minorités dans les médias, les images découvertes sur les Noirs me donnent froid dans le dos et honte à l’Histoire), et celle de Yes we can… on en a fait du chemin, mais celui qui l’attend, lui, est diablement pentu.

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19 mars 2009

Mes talons rouges

Dansé aujourd’hui avec un excellent danseur, qui m’a dit en souriant à la fin de notre tanda : “Aj, je pourrai dire que j’ai enfin dansé avec la danseuse aux chaussures rouges!”

???

Je n’ai jamais connu ça. Elles sont ensorcelées. Pendant un moment, toute l’attention qu’elles me valaient me mettait tellement mal à l’aise que j’ai cessé de les porter – je ne voulais plus qu’on les regarde tant, et je voulais surtout qu’on oublie celle qui les chausse. Pour tout dire, je ne me sentais pas à la hauteur de tous ces regards concentrés sur mes pieds. Il semble que j’aie la réputation, pas tout à fait justifiée, d’être une bonne danseuse – c’est à elles que je la dois. On dirait que dès que je les enfile, avec des bas résille quand je me prends au sérieux ou, les jours d’auto-dérision, avec des longues chaussettes rayées de vert à la Fifi Brindacier, on ne voit plus qu’elles.

À elles seules, elles me valent une aura que je ne mérite pas.

Si elles sont belles? Oui, enfin, elles l’étaient. Elles vieillissent, montrent des marques d’usure d’amour et de tango, à pourtant, à chaque fois que je les mets, il y a au minimum 3 personnes (et je n’exagère pas!) qui me demandent avec un intérêt passionné où je les ai achetées. Depuis que je les ai, elles m’ont valu des compliments, des obsessions de la part de femmes dont je questionne sérieusement la santé mentale, des supplications de la part de maris értanges qui voulaient habiller leur femme juste comme moi, des pieds à la tête, mais surtout-surtout les pieds, des déclarations d’amour ou presque, et on me connaît comme … la danseuse aux chaussures rouges.

C’est moi qu’elles possèdent.

17 mars 2009

Zouzous et roudoudou

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Mon amie, tu vois Fiston tout grand, tu as hâte que tes enfants soient grands aussi, et ça se comprend : retrouver du temps pour souffler, des nuits de vrai sommeil, des journées passées à autre chose qu’à planifier les incessantes tâches d’épicerie, de lavage, d’activités parascolaires, de rendez-vous chez le dentiste, le médecin, la maîtresse. Tu as envie de souffler l’inquiétude permanente qui vient avec l’état de parent – va-t-il/elle y arriver? vais-je réussir à en faire un être humain suffisamment bien dans sa peau? va-t-il bien vivre avec les imperfections dont je suis forcément responsable, puisque je suis sa mère?

Oui, tu vas y arriver, parce que, quoi qu’on dise, notre ventre, nos seins, à nous les femmes, sont faits pour ça, et notre coeur aussi.

Oui, tu vas y arriver. Oui, la route de ta maternité sera longue, et harassante, et pas toujours réjouissante. Mais elle sera aussi joyeuse, parce qu’il n’y a rien de plus distrayant ni aussi profondément gratifiant que d’élever un enfant et de le voir explorer, défricher le chemin qui est le sien et de l’accompagner.

Et courte, la route dont on ne voit pourtant pas le bout, ô si courte. Profite de toutes les pauses-câlin, des dessins de princesse rose et des explosions de joie pure. Profite des moments où ils t’escaladent et se réfugient dans ton cou.

Tu regardes Fiston et tu envies le travail achevé.

Je regarde tes zouzous et regrette mon roudoudou.